Juste une image…

Après la fuite de son mari Robert à l’Ouest en 1978, Christiane Kerner s’est totalement investie dans la vie sociale du régime communiste de l’Allemagne de l’Est. Elle est reconnue comme une camarade exemplaire par le parti. Son fils, Alexander, surnommé Alex, rêve de devenir cosmonaute comme son idole, Sigmund Jähn.
Mais dix ans plus tard, il est devenu un jeune homme désabusé. Sa mère aide ses voisins à rédiger leurs critiques constructives au sujet de la taille des vêtements et sa sœur, Ariane, élève seule son bébé après sa rupture.
Le 7 octobre 1989, Christiane doit assister aux célébrations du 40e anniversaire de la RDA. Sur le trajet, elle est contrainte de s’arrêter à cause du désordre causé par une manifestation pour la liberté de circulation et pour la liberté d’expression à laquelle participe Alex. Voyant les policiers réprimer la manifestation et arrêter avec violence son fils, elle fait un infarctus et tombe dans le coma.
Alex vient régulièrement voir sa mère à l’hôpital, ce qui lui permet également de nouer des liens avec Lara, une infirmière soviétique qu’il a rencontrée lors de la manifestation. Quelques semaines plus tard, le mur de Berlin tombe. Les enfants de Christiane s’intègrent dans la vie occidentale. Alex devient vendeur d’abonnements aux chaînes satellitaires et Ariane serveuse dans un Burger King. Mais, en juin 1990, leur mère se réveille.
Le médecin conseille à Alex de tout mettre en œuvre pour éviter une rechute causée par un deuxième choc, ce qui signifie cacher à Christiane les changements politiques qui ont eu lieu pendant son coma. Alex décide alors de ramener sa mère à l’appartement familial et de réaménager sa chambre comme si rien n’avait changé…
La sixième saison de Ciné-Ried à Riedisheim sera consacrée au voyage. Avec des destinations qui ont nom Madrid, Paris, New York, San Francisco, Istanbul, Rome ou Nairobi et des films comme Volver, Chacun cherche son chat, Manhattan, Sueurs froides, Vacances romaines, Topkapi ou Out of Africa pour illustrer ces périples.
Première escale à Berlin avec Good Bye Lenin ! C’est en 2003 que le cinéaste allemand Wolfgang Becker, disparu en décembre 2024, signe cette comédie dramatique qui s’imposera comme l’un des grands succès du cinéma allemand. En 2004, le film sera couronné, en France, du César du meilleur film de l’Union européenne.
Citant Michael Haneke et reprenant le trait d’esprit de Jean-Luc Godard, Wolfgang Becker dit : « Un film n’est rien d’autre qu’un enchaînement de 24 mensonges par seconde ». De fait, le mensonge est au coeur de Good bye Lenin !, film dans lequel l’histoire familiale des Kerner et l’Histoire s’imbriquent l’une dans l’autre. Ce sont les circonstances extérieures, qui font que des hommes intègres et honnêtes deviennent des menteurs. Alex (Daniel Brühl qui fut révélé à 25 ans par le film) commence par un mensonge de circonstances. Il raconte à sa mère qu’elle s’est évanouie en faisant la queue devant un magasin. Comme cela fonctionne, il continue et se retrouve prisonnier de ses mensonges. Il doit toujours en inventer un nouveau pour que tout ne s’effondre pas…
Entièrement tourné en décors réels à Berlin, le film fit découvrir au public international le concept d’Ostalgie, la nostalgie de certains aspects de la vie est-allemande. Le film toucha profondément les anciens Allemands de l’Est et suscita des discussions sur l’identité, la mémoire et le coût humain d’un changement social rapide…
Good Bye Lenin!, le mardi 20 octobre à 19h30, au centre culturel L’Aronde, 20, rue d’Alsace à Riedisheim. La séance est présentée et animée par Pierre-Louis Cereja.
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